Les autorités malgaches ont annoncé avoir déjoué une tentative de déstabilisation visant le président de la Refondation, Michael Randrianirina. Deux ressortissants étrangers, installés depuis plusieurs années dans le pays, ont été arrêtés à la suite d’une opération coordonnée par les services de renseignement dans la nuit du 7 au 8 novembre.
Selon les premières informations communiquées par le directeur général du renseignement, Rufin Tolojara Lebiria, les perquisitions menées dans la résidence des suspects ont permis la saisie d’une importante somme d’argent — environ deux milliards d’ariary en liquide, soit près de 385 000 euros ainsi que plusieurs armes à feu, dont des fusils de chasse et des pistolets automatiques.
Les autorités soupçonnent les deux hommes d’avoir préparé une tentative d’attentat et de coup d’État contre le chef de l’État. Un second groupe de trois personnes, soupçonné d’être lié au même réseau, est toujours activement recherché. Aucune information officielle n’a, pour l’heure, été donnée sur la nationalité des individus ni sur l’origine des fonds découverts.
Tolojara Lebiria a indiqué que les deux suspects ont fourni des déclarations contradictoires, laissant entrevoir l’existence d’un mécanisme organisé impliquant d’autres acteurs. Des investigations approfondies sont en cours afin de déterminer les ramifications possibles de ce réseau et d’en identifier les commanditaires.
Cette affaire intervient dans un climat politique sous tension. Depuis son accession au pouvoir, le président Michael Randrianirina a entrepris une série de réformes structurelles axées sur la transparence, la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption, des chantiers qui ont parfois heurté certains cercles économiques et politiques influents.
Si pour certains observateurs cette tentative illustre les résistances d’un système en mutation, d’autres y voient une manœuvre politique visant à consolider l’autorité présidentielle. Quoi qu’il en soit, l’épisode met en lumière la fragilité du paysage politique malgache et les tensions qui entourent la recomposition du pouvoir dans la Grande Île.
Les autorités se veulent rassurantes, affirmant que la situation est sous contrôle et que la sécurité du président ainsi que celle des institutions de la République demeure pleinement assurée.
Cependant, la population attend désormais des réponses claires sur l’identité des acteurs impliqués et sur les véritables objectifs de cette tentative avortée, qui révèle à quel point les enjeux du nouveau pouvoir malgache se jouent, plus que jamais, dans l’ombre des rivalités politiques et économiques.
Sarah Daboné