La Coupe d’Afrique des Nations 2025 a livré son verdict sportif, refermant ses portes dans l’intensité et la ferveur propres aux grandes compétitions africaines. Mais au-delà du score final et du trophée soulevé, une scène en apparence anodine est venue cristalliser les débats : l’affaire de la serviette du gardien sénégalais.
Dans les dernières minutes d’une finale déjà sous haute tension, les caméras captent une image inhabituelle. Près du but sénégalais, une serviette destinée au gardien devient soudain l’objet de convoitises et de tiraillements. Des ramasseurs de balle interviennent, la serviette disparaît, réapparaît, est écartée. Sur le banc, l’agitation est visible. Sur le terrain, la concentration se fragilise.
À première vue, l’épisode pourrait prêter à sourire. Une serviette, après tout. Mais dans le football de haut niveau, rien n’est insignifiant. Pour un gardien, surtout dans des conditions humides ou sous pression maximale, cet accessoire est un outil essentiel. Des gants secs, c’est une prise de balle plus sûre, un geste plus précis, une fraction de seconde de confiance en plus. Et dans une finale continentale, cette fraction peut faire basculer l’histoire.
C’est précisément ce qui a choqué une partie de l’opinion. Non pas l’existence d’une ruse — le football a toujours flirté avec les limites — mais l’impression d’une interférence extérieure, visible, répétée, tolérée. Loin des duels francs et de l’intelligence tactique, cette scène a donné le sentiment que le jeu se déplaçait ailleurs, dans une zone grise où l’éthique sportive vacille.
Les réseaux sociaux s’en sont immédiatement emparés. Certains y ont vu une manœuvre anti-sportive, d’autres un simple incident amplifié par le contexte émotionnel de la finale. Entre indignation et ironie, la « serviette de la CAN » est devenue un symbole : celui d’un match où la tension a parfois dépassé le cadre strictement sportif.
Il faut cependant éviter l’écueil du procès expéditif. Aucun texte officiel n’interdit explicitement ce type de situation. Aucun règlement ne parle de serviette comme élément sacré. Mais le football ne se résume pas à des lignes dans un règlement. Il repose aussi sur des usages, un esprit du jeu, une responsabilité collective, surtout lors d’un rendez-vous continental regardé par des millions d’Africains.
Cette polémique révèle finalement autre chose : la fragilité de l’équilibre lors des grandes finales africaines. Quand chaque décision arbitrale est scrutée, quand chaque geste est interprété comme une provocation, le moindre détail devient explosif. La serviette n’est alors plus un accessoire, mais le révélateur d’un climat électrique.
La CAN 2025 restera une grande fête du football africain. Mais elle laisse aussi une leçon claire : à ce niveau, la victoire ne se joue pas seulement dans les pieds, les têtes ou les gants. Elle se joue aussi dans le respect du jeu, dans la maîtrise de l’environnement et dans la capacité à préserver l’essence même du sport.
La CAN 2025 n’avait pas besoin d’une serviette pour entrer dans l’histoire. Elle méritait mieux que des gestes périphériques pour faire la différence. Quand une finale se joue sur des détails hors jeu, c’est que le football a momentanément quitté le terrain. Et si l’Afrique veut des finales respectées, admirées et incontestables, alors la victoire doit rester une affaire de talent, de courage et de jeu — jamais d’accessoires arrachés dans l’ombre.
B.A