C’est une salle de Petit Melies à moitié pleine qui a accueilli les cinéphiles le mardi 19 octobre dernier pour la projection du film Enterrés de la réalisatrice camerounaise Françoise ELLONG. C’est un film pas comme les autres qui traite des abus sexuels au sein de l’église.
La scène se déroule en pleine air, dans un Huis clos à ciel ouvert sur un terrain de jeu. Durant 87 minutes, quatre (4) anciens amis se retrouvent pour la première après des longues années d’absence.

Assis à même le sol, habillé en noir, chacun est venu enterrer son passé pour mieux vivre.
Il s’agit entre autre de Ndewa (Anuri Nwumembom), Marie (Lucie Memba Bos) , Agnès ( Emy Dany Bassong) ; Assan ( Assala Kofane) et Miyem ( Denis Etouka) . Anciens pensionnaires d’un orphelinat, ils se retrouvent après la cérémonie d’adieu au prêtre qui dirigeait leur orphelinat pour se remémorer les atrocités que ce dernier a commis à leur endroit, durant leur séjour à l’orphelinat.
Un traitement pas fameux de la part du prête de l’orphelinat, affectueusement appelée « Daddy » par nos quatre pensionnaires car ils ont tous été victime d’attouchement sexuel.

Un film extraordinaire, qui met plus l’accent sur l’écoute, que les actions. Ce qui montre la volonté de la réalisatrice, Françoise ELLONG de briser un tabou sur phénomène grandissant dans nos églises mais qui malheureusement, passe inaperçu : La pédophilie. Sans surprise, ce long métrage a été très bien accueilli par les cinéphiles du jour. » C’est un film qui doit être montré dans les cycles universitaires, à la jeunesse. Je trouve le scénario magnifique. Je trouve son parti pris de faire un Huis clos en plein air génial « , a martelé Matoma, réalisatrice congolaise mais cinéphile d’un soir, à sa sortie de salle.

A Narcisse d’ajouter : » C’est un film intelligemment fait qui aborde un thème très sensible mais qui mériterait qu’on s’y penche. «
Réalisé en 2019, « Enterrés » a été inspiré par un reportage sur la pédophilie dans les églises à croire les propos de la réalisatrice camerounaise. Le film est en compétition dans la catégorie long métrage à cette 27 ème édition du FESPACO.
Stéphane Bassalia OUATTARA