Le 16 décembre 2025, l’administration Trump a annoncé un nouvel élargissement des restrictions migratoires des États-Unis, visant plusieurs pays africains, dont le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Soudan du Sud, ainsi que des États du Moyen-Orient comme la Syrie. Ces mesures, présentées comme des actions de sécurité nationale, imposent des interdictions totales ou partielles d’entrée sur le sol américain. Les raisons invoquées : insuffisances en matière de coopération sécuritaire, de lutte contre la corruption et d’échange d’informations. Cette mesure selon Washington vise à renforcer les contrôles et à limiter l’entrée de ressortissants de pays jugés problématiques pour la sécurité nationale américaine, s’ajoutant à des restrictions existantes.
Face à cette décision, le Niger concerné par cette restriction a choisi la riposte diplomatique en imposant des restrictions similaires aux citoyens américains. Selon l’Agence nigérienne de Presse (ANP), les autorités de Niamey ont suspendu la délivrance de visas aux citoyens américains et interdit leur entrée sur le territoire national. Une source diplomatique évoque une application ferme du principe de réciprocité.
«Le Niger interdit totalement et définitivement la délivrance de visas à tous les citoyens américains et interdit indéfiniment l’entrée sur son territoire aux ressortissants des États-Unis », précise cette même source.
Ce geste, au-delà de sa portée symbolique, affirme la souveraineté du Niger et illustre une nouvelle posture diplomatique assumée.
Cette décision marque un tournant dans les relations bilatérales. Le Niger, à l’instar d’autres membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) également visés par les restrictions américaines, entend désormais s’opposer aux décisions jugées unilatérales. Si cette escalade traduit un durcissement des positions, elle ouvre aussi la voie à une reconfiguration des relations diplomatiques entre Washington et certaines capitales africaines.
Ce durcissement réciproque pourrait bien redéfinir les rapports entre Washington et Niamey, en marquant l’émergence d’une diplomatie sahélienne plus audacieuse, décidée à faire entendre sa voix sur la scène internationale.